Burning Flower

Laine – naturelle et recyclée – partiellement calcinée, bois calciné, grès émaillé
H. 180 × L. 120 cm, 2026.

Dans le cadre de ma résidence à l’Usine Utopik, je me suis intéressé à nos paysages et à la manière dont l’agriculture impacte, positivement et négativement, les processus du vivant. La première pièce que j’ai réalisée est Burning Flower. Cette œuvre fait suite à l’été dévastateur que nous venons de traverser. Les feux de forêt sont de plus en plus impressionnants en France, mais également à l’international, et leur intensité exceptionnelle ne sort pas de nulle part. Nous sommes, en France, dans une situation de sécheresse structurelle, c’est-à-dire que nos paysages, nos sols, sont profondément secs, indépendamment même du climat. Les méthodes d’artificialisation que nous mettons en place depuis des décennies ont entraîné la déconnexion de l’eau et du sol. La canalisation systématique des cours d’eau, le labour et le compactage intensif des sols, la monoculture, tous ces éléments ont appauvri les sols et les ont coupés de leurs capacités d’absorption et de conservation de l’eau. Ils disposent donc de moins de réserves d’eau, ce qui fragilise davantage la végétation et la rend plus vulnérable aux épisodes de sécheresse et aux incendies.

Burning Flower est une œuvre en laine tuftée faisant écho à une forêt incendiée, où j’ai littéralement calciné les brins de laine. À l’arrière de ce tuftage, on aperçoit une fleur réalisée en grès. Celle-ci représente un lys de feu, fleur d’Afrique du Sud dont certaines espèces ne fleurissent qu’après le passage d’un incendie. Sa floraison spectaculaire, qui peut apparaître quelques jours seulement après le feu, participe au redémarrage rapide de la végétation après l’incendie. Ici, le lys de feu représente alors la promesse d’une plus grande résilience du milieu.