Vues de l’exposition SCALDIS, Centre d’Arts Plastiques et Visuels, Lille
Riverscape
Installation, laine, laine acrylique, bois,
185 x 253 cm.
Cette œuvre constitue la première étape d’un ambitieux projet de recherche et de création autour de l’eau douce de surface dans le territoire du Nord-Pas-de-Calais. Ce travail prend forme dans le cadre du dispositif de résidence Archipel, sur le pôle intérieur entre Lille et Denain, porté par le FRAC Grand Large.
Mes recherches, centrées sur le fleuve de l’Escaut et l’ensemble de ses affluents, ont révélé que presque tous les cours d’eau de la région ont été canalisés. Cette transformation du réseau hydrologique régionale résulte d’une logique aménagiste qui, dès le XIXe siècle, a modifié les paysages au profit de l’industrie métallurgique, de l’extraction charbonnière et de l’agriculture intensive.
Aujourd’hui, ces cours d’eau, contraints dans des lits artificiels, se précipitent vers la mer sans nourrir les terres, provoquant leur incision et une sécheresse structurelle durable. Ce phénomène est accentué par les effets du changement climatique. Le drainage systématique des cours d’eau entraîne de lourdes conséquences écologiques, amplifiant notamment les extrêmes climatiques tels que les inondations, les méga-feux ou encore les sécheresses.
Riverscape – littéralement «paysage rivière» – nous rappelle que la rivière ne se limite pas à son lit mineur visible, mais qu’elle s’inscrit dans un réseau hydrologique complexe et interconnecté. Cette œuvre explore la transformation d’une rivière lorsque l’humain abandonne les fonds de vallée et permet à l’eau de se réapproprier le territoire. La rivière anabranche renaît alors, soutenue par une espèce clé de voute : le castor. Ce mammifère joue un rôle essentiel dans la reconnexion de l’eau à la terre, rétablissant l’équilibre écologique et nourrissant la résilience des écosystèmes.









