Vues de l’exposition SCALDIS, Centre d’Arts Plastiques et Visuels de Lille

Vues de l’exposition de sortie de résidence BLAST, Pôle Artistique Davier, Angers

Lorsque tout s’endort, les veilleurs

2025
Installation, série de trois sculpture en grès noir, laine, laine acrylique, branches, terre végétale,
dimensions variables.

« Cet ensemble réunit trois spécimens qui émergent de fragments tuftés en laine, posés au sol en guise de surface aquatique. Ils sont chacun représentés dans une posture emblématique propre à l’espèce : l’un nage tête haute complètement immergé, l’autre est statique dans l’eau à un endroit où il a pied laissant émerger son dos et sa queue, tandis que le dernier stationne debout sur la berge et semble interpeller le·a visiteur·se. Tel un taxidermiste, l’artiste nous donne à voir le castor de façon rapprochée et intime, plongé dans son milieu, grâce aux arts de la céramique et textiles. Il crée ainsi une rencontre fictive où le·a spectateur·rice peut redécouvrir les traits et les attitudes du rongeur, l’appréhender concrètement et esquisser les contours de nouvelles alliances qui lui faut désormais tracer avec cette altérité animale. Baptiste Morizot nous rappelle que « la crise écologique actuelle, plus qu’une crise des sociétés humaines d’un coté et des vivants de l’autre, est une crise de nos relations au vivant » et, plus spécifiquement, une crise de notre « sensibilité au vivant » où s’opère « un appauvrissement de ce que nous pouvons sentir, percevoir, comprendre » vis-à-vis de celui-ci. Convaincu par ces mots, Josselyn David s’évertue ici à cultiver cette sensibilité en s’aidant des propriétés poétiques et sensorielles de la matière. »

Extrait du texte Le vivant au bout des dents, rédigé par Licia Demuro dans le cadre de la résidence Archipel, portée par le FRAC Grand Large.